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Créer un personnage de Jeu de Rôle PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Passeur   
Vendredi, 13 Février 2009 20:39

Avant de partir dans des considérations aussi encyclopédiques qu’assommantes sur la nature d’un jeu de rôle et de graver dans le beurre doux des préceptes aussi incontournables que surfait, on peut d’abord se poser une question : qu’est ce qui fait qu’on s’amuse en jouant à un JDR ?

Je porte l’accent sur le mot s’amuser puisque visiblement, comme au tennis de table, à la boule de Fort ou à la course de tortue à carapace molle, vous allez toujours avoir une flopé de zozos qui auront tout compris mieux que vous et oublieront tout aussi facilement que le principe d’un jeu, bé…c’est de se marrer, pis c’est tout…

 

Je ne m’amuserais pas à lancer des considérations sur le gros billisme qui consiste à mettre en pile des chiffres de plus en plus gros, ni sur le fameux porte monstre trésor, dont les scénarios ferait passer les films de Schwartzy pour le script de Guerre et Paix, tout simplement parce que parfois, moi aussi je me suis amusé à jouer le gros bourrin dans des couloirs bien trop étroits pour mon armure. Parce qu’on peut aussi trouver du plaisir à se lâcher un peu au jeu de rôle comme partout, du moment que tous les joueurs se sont mis d’accord là-dessus et surtout parce qu’on est là pour partager un bon moment entre copain et non pas pour rédiger un essai élitiste sur ce qu’est le Jeu de Rôle, en Majuscule s’il vous plait.

 

Le point qui fait pour moi la différence entre une aventure palpitante et une partie aussi affriolante qu’un plateau de bulot, ce sont les personnages qui vont évoluer dedans : plus il y aura d’interaction et plus la sauce prendra, c’est pour cela qu’il faudra un peu soigner les zigotos dont vous aller endosser l’armure et pour cela, il n’existe pas trente six solutions, il faut que votre bonhomme vous plaise.

J’espère que ces trois quatre tuyaux vous serviront à quelque chose et que la larme à l’œil, vous penserez à ces mots pleins de sagesse (et d’une modestie sans commune mesure) lorsque votre personnage, devenu une légende parmi les légendes, attisera les conversations autours du feu, en d’interminable séance de nostalgie entre vétéran.

Bon, c’est pas tout ça, mais on a du boulot.

 

Créer un Personnage

 

C’est quoi le jeu ?

 

Avant même de décider de répartir vos points/de jeter vos dés/ de mâchouiller votre crayon ou d’ouvrir le paquet de chips qui se trouvera fatalement sur la table, posez vous LA seule question : « qu’est ce que j’aimerais jouer ? ».

Renseignez vous un minimum sur l’histoire du jeu, son univers et ses capacités, même brièvement avant de vous lancer dans l’aventure : généralement un bon meneur saura, en gros vous donner les grandes lignes de son jeu, ce qui vous donnera non seulement des pistes mais aussi des cadres pour voir ce que vous pouvez faire et ne pas faire au sein du jeu. Ensuite, c’est l’étape cruciale de la décision : vous allez faire naître un personnage que vous risquez de traîner pendant pas mal de temps (au minimum tout un scénario), autant qu’il vous plaise.

Beaucoup de joueurs commencent à faire un personnage en fonction des autres (Wa, y’a déjà un guerrier, je vais faire, je sais pas heu…Un barde…) pour tenter d’ « optimiser le groupe », c’est à mon avis, une mauvaise habitude, relayée souvent par des joueurs expérimentés. Faîtes ce que vous avez envie de faire point, vous ne vous amuserez pas longtemps avec un bonhomme qui ne vous plait pas. Si vous avez déjà une idée de personnage en tête, il vous sera plus facile de l’incarner et donc de créer une bonne émulation de groupe.

 

La seule limitation que l’on peut apporter est s’il diffère complètement avec l’optique de votre groupe (Pourquoi votre Assassin fanatique ayant pour objectif la domination du monde ne peut pas s’accorder avec un groupe entièrement constitué de paladin loyaux et gentils), le maître du jeu aura du mal à trouver une cohésion et un objectif commun pour vous tous sans sombrer dans l’illogisme le plus noir. Attention ! Cela ne veut pas dire que vous devez obligatoirement y renoncer (vos personnages peuvent, par exemple avoir un ennemi/but commun, puis lier au fil du temps une amitié qui aurait semblé improbable), cela veut simplement dire que c’est à vous de donner suffisamment de piste au MJ pour que votre groupe ne ressemble pas à un patchwork hideux et artificiel. De plus les tensions entre le groupe peuvent, si elles sont bien jouées, être très intéressantes pour l’interprétation, il vous faut simplement assumer le fait que vous aller devoir faire plus d’efforts et de concessions et passer à coté du piège facile qu’est l’opposition systématique entre joueur (alors là, mon mec, il coupe ta corde parce que t’es un gentil et moi en fait, je suis un méchant…Ha ha !).

 

Pour moi le seul point à ne pas oublier, c’est que le jeu de rôle permet d’incarner ce qu’on a envie d’essayer, pas ce qu’on vit au quotidien. Mettez vous à l’aise dans la peau d’un personnage qui vous plait et laissez faire le feeling, si vous êtes bien dans vos bottes, le jeu sera toujours un bon moment pour vous.

 

Okay, okay, mais j’ai pas l’ombre d’une idée là…

 

Pas de panique, ça arrive à tout le monde ! On crée rarement un personnage ex nihilo sans un minimum d’inspiration. Vous avez certainement au cours de votre vie rencontré des personnages marquants qui vous ont amusé, ému, impressionné, vous avez certainement lu la vie d’hommes et de femmes qui vous ont plu, et plus sûrement encore, vous avez suivi avec beaucoup d’intérêt les pérégrinations d’un ou plusieurs personnages de fiction (film, théâtre, livre, BD…) : un seul conseil, pompez outrageusement ce qui vous a plu ! Physique, défauts, spécialité, comportement, piquez tout ce que vous voulez et fabriquez votre puzzle. N’ayez pas peur des clichés, si ils sont bien amenés personne ne vous le reprochera, en plus vous avancerez en terrain connu, ce qui facilitera votre interprétation.

 

Faîtes votre cuisine avec les éléments qui vous ont séduit chez ce personnage : son sens de la réplique vous en fait rire ? Très bien, votre personnage sera éloquent ! La sagesse de ce vieux bonze vous a touchée ? Votre personnage sera aussi calme que possible. La loyauté de ce soldat vous a ému ? Votre personnage respectera toujours sa parole…

Expérimentez, testez, essayez de vous mettre à la place de chacun de ces personnages et placez les dans d’autres situations. Vous y êtes ? Votre personnage commence à naître.

 


Double Mortensen avec bonus de Force+12

 

Qu’est ce qui fait qu’on s’attache à son personnage et qui le rend vivant ? Ses aventures ? Bien sûr…Ses répliques ? Sûrement … Son histoire ? Oui en quelque sorte… Ses défauts ? Assurément.

Un personnage de jeu de rôle prend toute sa dimension lorsqu’il possède une personnalité et des caractéristiques propres. Peu importe qu’il soit le meilleur dans sa catégorie, que son équipement soit le plus performant : Excalibur ne serait rien sans Arthur, un sabre laser sans jedi, ce n’est rien qu’un bout de bâton qui fait woong, et Harry Potter se débrouille très bien sans balai.

Ce qui démarquera votre personnage, c’est son histoire, sa manière d’être unique et ses petits défauts. Un personnage aux caractéristiques optimisées, sans points faibles, avec un équipement à faire pâlir d’envie un empereur n’aura que très peu de chance d’acquérir une vraie personnalité et une vraie histoire : il taillera sa route dans les scénarios comme dans du beurre, sans jamais laisser de trace. Vous imaginez, vous, un héros de série qui ne rencontrerait aucun adversaire susceptible de la vaincre, ni même aucune difficulté ? En tout honnêteté vous continueriez à la regarder ? Pour un jeu de rôle c’est pareil.

 

Si vous concevez une histoire pour votre personnage, votre meneur pourra y puiser des éléments intéressants pour créer des histoires sur mesure, en vous laissant aller à vos petits travers vous pouvez vous embringuer dans des histoires bien plus palpitantes que si vous aviez été raisonnables, et votre personnage se taillera une vraie réputation avec ses signes distinctif : un vieux guerrier au visage marqué d’un tatouage et à l’oreille à moitié arrachée aura plus de cachet qu’un jeune premier falot engoncé dans une armure divine qui le rend quasiment intouchable.

Cabotinez, faîtes rire vos amis, jouez à fond vos traits de caractères et vos manies, vous verrez que bientôt, vous deviendrez incontournable et surtout que votre personnage brillera de tous ses feux.

 

 

Mise à jour le Mardi, 31 Mars 2009 05:38